ETIENNE FORGET

J’ai entendu partout des choses qui m’ont surpris et m’ont emporté. Aussi, comme beaucoup d’autres, je ne crois pas qu’il y ait de mauvais style de musique.


Alors pourquoi la musique de film ?

Pourquoi pas du Rock de l'Electronica ou de la Folk ? Après tout j’ai débuté par là.

Quand j’ai commencé à écrire à l’image, il m’a très vite semblé qu’aucun film ne réclamait la même approche musicale et cela m’a attiré.
Ici tout comme en mise en scène, on peut traiter une narration de bien des façons, tout est histoire de point de vue. Et le choix d’un genre musical approprié en est déjà un.
Cette demande d'adaptation permanente est en soi un encouragement à la diversité. C’est l’une des choses qui me plaît le plus dans ce rapport à la musique et c'est ce qui m'a finalement décidé à prendre cette voie.

Ayant suivi avec admiration les cours de Bruno Guiganti, je crois à la matière du son et aux dialogues qu’elle peut entretenir avec l’image.
Aussi, la sensation de corrélation entre les deux matières, «Le touché» qui se dégage d’un plan audiovisuel, sont vite devenus une obsession quitte à produire un certain nombre d’objets expérimentaux...  
A la création de sons, à la prise comme au mixage, le choix des traitements pour parvenir à cette alchimie est à mon sens l'un des grands enjeux d'une bonne bande originale;
 
Plus tard, désireux de mieux comprendre la façon d’articuler un discours proprement musical, j’ai eu la chance de devenir l’élève de Sebastien Villers; diplômé du CNSM et véritable pédagogue.

 

Mes préoccupations sont alors revenues d'avantage à la Musique :

Le choix d’un thème, la façon de le présenter, son contexte sonore, les timbres utilisés, les rythmes, les silences, les densités... tout a une influence sur la lecture du film.

Lorsqu’il arrive à l’étape d’écriture de la musique à l’image, le film est tourné, et en un sens fixe. Les cadres ne bougeront plus, ni les costumes ni l’interprétation des acteurs etc...
L’interaction avec le scénario, la réalisation et les personnages est le premier souci. Alors on observe, on s’adapte.
  
On interroge le film lui même en lui présentant des thèmes et on considère sa façon d’y répondre. Puis le choix des instruments et les modalités de leurs dialogues deviennent plus pressantes. On observe encore : comment le film réagit t’il ?

Finalement c’est ce sens là, cette perception que l’on aiguise. On dialogue avec une chose provisoirement «figée» et on observe les courbes qui se dessinent et les mouvements qui en découlent, à la faveur des discussions avec le réalisateur.

Le réalisateur est celui qui nous donne sa confiance. Cela peut être une étape délicate pour nombre d’entre eux car le langage de la musique leur semble parfois difficile à pénétrer.

Mais en discutant simplement dans un studio, assis autour d’un piano, il n’y a rien que l’on ne puisse parvenir à échanger.

A la fin, il ne doit rester que le Film

 

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